mercredi 15 mai 2013

Les zozios du Luco : les moineaux

Voici enfin le deuxième volet de notre grande saga consacrée aux oiseaux du Jardin du Luxembourg, à Paris. Il est entièrement dédié, cette fois, aux moineaux. Il est vrai que ce sont des oiseaux tellement communs, que l'on oublie souvent de s'y intéresser, à tort ! Heureusement, Colochat est repartie, appareil photo en bandoulière, dans la brousse du Luco pour en rapporter un reportage exclusif !

photo 1 : moineau mâle sur sa balançoire

Les moineaux domestiques (Passer domesticus) appartienent à l'ordre des passereaux. Comme les pigeons, les cafards et les rats, ils se sont parfaitement adaptés à l'environnement urbain, et côtoient l'homme probablement depuis la Préhistoire. On parle de relation de commensalisme, plus clairement, cela signifie que ces petites boules de plumes exploitent l'homme sans contrepartie. Ce qui n'est pas vrai du tout pour moi, qui ai beaucoup de plaisir à les observer et à les photographier !

L'habit fait le moineau

Ils tireraient leur nom de leur ressemblance avec les moines. Je suppose que cela fait référence au plumage dorsal brun et à la calotte crânienne grise bordée de brun, qui pourraient faire penser à la robe de bure et à la tonsure ou couronne monastique des moines franciscains. Mais, bon quand on y réfléchit un peu, les moineaux existaient bien avant la création des ordres monastiques, donc ce sont plutôt les moines qui ressemblent à des moineaux, et non l'inverse !...

photo 2 : moineau mâle au Luco

J'ai trouvé un très beau portrait de moine peint par Le Pérugin qui peut aller dans le sens de cette argumentation. Je l'ai agrémenté de moineaux que j'ai pris en photo, et en fond j'ai mis les jolis tons moussus de la fontaine Médicis.

photo 3 : le moine et les moineaux par le Pérugin et Colochat

En conséquence, on peut donc dire que Saint-Francois d'Assise, à l'origine de l'ordre des Franciscains et célèbre également pour son sermon des oiseaux, doit tout aux moineaux et qu'il n'est rien d'autre que le commensal de ces derniers, c'est-à-dire qu'il leur a tout piqué, l'habit et sa popularité, sans rien leur apporter en contrepartie, que je sache !

Une vie de moineau n'est pas monacale

Ils possèdent l'aire de répartition géographique la plus vaste parmi les oiseaux. Les couples restent ensemble toute leur vie. La femelle pond trois à huit œufs qui éclosent au bout de deux semaines ; trois semaines seulement après leur éclosion, les jeunes quittent le nid. Sachant que la période de reproduction s'étend du début du printemps à la fin de l'été, qu'un couple peut avoir trois couvées par saison, que la maturité sexuelle est atteinte dès la saison de reproduction suivant la naissance, soit dès six mois pour des individus nés à la fin de l'été, et que l'espérance de vie varie de quatre à sept ans, et peut même atteindre treize ans, combien de descendants aura un couple de moineaux ? Sortez les calculettes, je ramasse les copies dans dix minutes ! Allez, je vous donne la réponse, le chiffre atteint est compris entre 27 et 300 !!!! On peut donc conclure que la réclusion monacale et le célibat sont très éloignés du mode de vie des moineaux domestiques !

Madame, Monsieur

Chez les moineaux, il est facile de distinguer le mâle de la femelle grâce à leur plumage, le dimorphisme sexuelle est donc marqué.
 
photo 4 : madame à gauche et monsieur à droite sur le bord de la fontaine Médicis


Le mâle

Le plumage du mâle est gris bordé de brun sur la tête, avec un petit point blanc situé à l'arrière de l’œil. Une bavette noire orne son cou. Le dos est brun et noir tout comme les ailes qui sont agrémentées, en plus, d'une barre blanche. Le ventre est uniformément gris. Deux types de plumages existent : nuptial et internuptial. En période internuptiale, les couleurs sont plus ternes et la bavette moins développée. Tous les moineaux mâles que j'ai photographiés durant ces mois de mai et d'avril 2013 portent un plumage nuptial, à l'exception, peut-être, de celui de la photo 7 à la bavette peu développée, il s'agit vraisemblablement d'un jeune mâle.

photo 5 : moineaux mâles du Jardin du Luxembourg

photo 6 : moineaux mâles en plumage nuptial au bord de la fontaine Médicis

photo 7 : jeune moineau mâle au Luco

photo 8 : moineau mâle en vue ventrale au Luco

La femelle

La femelle moineau présente un plumage aux couleurs moins contrastées que chez le mâle. Les jeunes lui ressemblent, à l'exception des bords du bec encore jaunes.

photo 9 : moineau femelle au Jardin du Luxembourg

photo 10 : moineau femelle en vue ventrale au Luco

photo 11 : moineau femelle avec une brindille dans la bec

J'ai rencontré beaucoup plus de moineaux mâles que de moineaux femelles durant mon safari photographique ; alors, certes, leurs couleurs se confondent davantage avec leur environnement comme sur la photo 11, mais je ne pense pas que ce soit la raison principale. J'ai ainsi dû retourner plusieurs fois au Luco, dans le seul but de parvenir, enfin, à en photographier quelques-unes, alors qu'en même temps j'accumulais les photos de mâles. Comme nous sommes en période de reproduction, peut-être restent-elles davantage dans le nid à couver ou à s'occuper des jeunes ?

Le bain public


photo 12 : fontaine Médicis, Jardin du Luxembourg

Comme dans la savane africaine, au Luco, c'est au niveau des points d'eau que l'on fait le plus de rencontres, et en particulier à la fontaine Médicis. La grande statue en bronze sur le rocher représente le cyclope Polyphème, le regard tourné vers Galathée dont il est amoureux, mais qui, elle, n'a d'yeux que pour le beau berger Acis. Bon tout ça, ça n'est rien que du blabla ; en effet, lors de mes séjours répétées près de la fontaine, j'ai fini par gagner la confiance du géant, qui m'a confié que, depuis le temps, il n'en avait plus rien à faire de Galathée, que ce qui l'émerveillait désormais c'était les nombreux oiseaux qui viennent chaque jour à la fontaine pour s'y désaltérer, s'y baigner et y faire un brin de causette. J'ai pu ainsi prendre en photos différentes espèces d'oiseaux à cet endroit, je les présenterai prochainement dans d'autres messages.

Narcisse 

Certains viennent même y jouer les Narcisse, comme ce moineau qui paraît être ébloui par son reflet dans l'eau : "Oh ! que je suis beauuuuu !"

photo 13 : moineau mâle et son reflet au bord de la fontaine Médicis

 La grande toilette 


Les photos les plus cocasses et attendrissantes que j'ai pu prendre, ce sont celles de moineaux prenant leur bain. Eh bien, aucun doute à avoir, ce sont les champions incontestés de la propreté, et monsieur autant que madame ! Ils ne se contentent pas de faire trempettes, ils s'agitent énergiquement et les gouttelettes d'eau virevoltent partout autour d'eux ! A côté un Terre-Neuve en train de s'ébrouer a l'air bien ramollo ! Ce sont les seuls oiseaux que j'ai vus à la fontaine faire leurs ablutions avec autant d'application.

photo 14 : moineau mâle prenant son bain à la fontaine Médicis

photo 15 : moineau femelle prenant son bain à la fontaine Médicis

photo 16 : couple de moineaux après le bain

Les potins mondains du jardin

 

photo 17 : un brin de causette entre moineau et pigeon Ramier

La fontaine est aussi l'endroit idéal pour pépier, roucouler et s'échanger les potins entre moineau et pigeon ramier !... On remarquera, ici, la différence de taille entre les deux. Ce qui est étonnant aussi sur cette photo, c'est le plumage du moineau qui s'accorde joliment avec les teintes grisâtres de la pierre et brunâtres des feuilles sur le rebord du bassin, tandis que le plumage du pigeon ramier se fond tout aussi parfaitement avec le gris bleuté de la pierre dans l'ombre. La fontaine est vraiment le décor idéal pour prendre de jolies photos d'oiseaux.

Le moineau de Picasso

Si le dessin de pigeon de Picasso dont il a été question dans un précédent message est devenu mondialement célèbre, le moineau n'a pas pour autant été oublié par le peintre espagnol, il en a fait un exquis petit croquis en 1907. Je réalisé un petit photomontage avec ce dessin et l'ombre chinoise du moineau Narcisse de la photo 11 ; en arrière plan, j'ai mis la photo d'une des pierres de la fontaine.

photo 18 : moineau de Picasso et moineau du Luco

Une chouette idée de pochoir à réaliser incognito sur la fontaine Médicis ?... 
Chuuuuuuut, je n'ai rien dit du tout !!!!...


dimanche 5 mai 2013

C'est louche !

Eureka !

Comme nous l'ont montré Archimède dans sa baignoire et Newton avec sa pomme, les éclairs de génie viennent souvent lors des activités quotidiennes les plus banales. Eh bien, moi, c'est en contemplant une cuillère que m'est venu une petite idée. En effet, j'ai été amusée par la façon dont mon image était déformée sur la surface concave de celle-ci, du coup, je me suis dit que l'on pouvait sûrement réaliser des photos rigolotes grâce à cet instrument optique rudimentaire, qu'il n'y avait pas forcément besoin d'un super objectif fisheye pour ça.

Les photos ont été réalisées grâce à la goguenarde collaboration de Zouzou, avec mon Canon Powershot E1 rose bonbon, objet désormais culte de ce blog.

Zouzou

Quelques cuillerées à soupe de Zouzou

Avec une banale cuillère à soupe, on obtient déjà des résultats détonants ! La belle Zouzou se transforme en un être des plus inquiétants, hybride d'alien et de gargouille !...


Une cuillerée à soupe de Zouzou
  
Trois cuillerées à soupe de Zouzou

Toute exaltée par ma révolutionnaire découverte, j'ai couru dès le lendemain matin au rayon quincaillerie de mon supermarché, et là quel ne fut pas mon éblouissement devant les cuillères et les louches de toutes sortes, aux effets d'optique plus renversants les uns que les autres ! Après avoir tergiversé pendant une bonne heure devant toutes ces merveilles, je me suis décidée pour une grande cuillère et une louche sphérique.

L'effet cuillère

Avec la grande cuillère, j'ai réussi à métamorphoser Zouzou en monstre à deux têtes, trois nez et cinq yeux ! Plus besoin d'aller à Tchernobyl ou au musée Picasso pour admirer, ce genre de chose !

Zouzou et l'effet cuillère (3)

L'effet louche

Avec la louche, Zouzou se transforme en "Destroy Kitty" et en chauve-souris albinos !
 
L'effet louche sur Zouzou : Destroy Kitty (1)


L'effet louche sur Zouzou : Destroy Kitty (2)

Sur le montage ci-dessous, j'ai rassemblé les clichés les plus amusants obtenus grâce à l'effet louche sur Zouzou.

Zouzou et l'effet louche : florilège

L'Ugly Therapy

De fil en aiguille, j'ai pris conscience du potentiel de ma surprenante découverte, et j'ai abouti à l'élaboration de l'"Ugly Therapy". 
Si chaque matin, lorsque vous vous regardez dans la glace, vous vous faites inlassablement la même réflexion : "Chuis môôôôôôôôôôche, ouuuuuin !!!!!", alors cette thérapie est faite pour vous, les résultats sont garantis !

D'abord, dès votre réveil, n'allez surtout pas dans votre salle de bain, mais dans votre cuisine et munissez vous d'une louche bien polie. Une fois l'objet bien en main, asseyez vous, la première fois le choc peut être rude. Une fois bien assis, regardez-vous bien en face sur la surface concave de la louche. Vous devriez à peu près obtenir ceci : un monstre hydrocéphale ou microcéphale.

Ugly Therapy : l'effet monstre hydrocéphale

Ugly therapy : l'effet monstre microcéphale

Restez ainsi à vous contempler au moins dix bonnes minutes, sans détourner la tête. Si la dose est trop forte la première fois, commencez par seulement cinq minutes. Ensuite, rangez l'objet de torture à sa place et préparez-vous un solide petit déjeuner, vous devez reprendre des forces après l'épreuve, c'est important.
Enfin, une fois bien requinqué, allez dans votre salle de bain, et regardez-vous droit dans le miroir. Vous verrez alors s'afficher sur votre visage un large sourire, et la pensée qui vous viendra immédiatement à l'esprit sera  : "Meuuu non, chuis pas môôôôche !" 
Les premiers résultats sont généralement obtenus au bout d'une semaine, mais il est conseillé de continuer le traitement pendant un mois, si l'on veut obtenir des résultats durables dans le temps.

samedi 27 avril 2013

J'ai le cafard !

Un fossile vivant dans ma salle de bain : la blatte américaine

Il y a quelques jours, un fossile vivant m' a fait l'insigne honneur de venir me saluer dans ma salle de bain. Non, il ne s'agissait pas d'un cœlacanthe tout droit remonté des abysses en train de barboter dans ma baignoire, mais d'un animal bien plus fabuleux, qui n'a pratiquement pas évolué depuis 400 millions d'années, qui peut supporter des doses de radiations dix fois supérieures à la dose létale pour l'homme, rester un mois sans manger ni boire, et qui survit après décapitation plusieurs semaines ! Cet être plus extraordinaire qu'un super héros, eh bien c'est tout simplement le cafard, encore dénommé blatte, ou cancrelat !
Ce premier insecte rampant identifié à Paris (RIP) de mon blog est précisément la blatte américaine (Periplaneta americana) qui appartient à la famille des Blattidés, et qui est la plus grande des blattes domestiques, puisqu'elle peut atteindre près de cinq centimètres de long comme l'individu présenté ici. Les photos ont été prises grâce à mon Canon Powershot E1 rose bonbon, fidèle compagnon de la macro-photo à peu de frais.

Blatte américaine vue sous différents angles

Quelques caractéristiques physiques

Blatte américaine : vue dorsale et ventrale

Elle appartient à l'ordre des Dictyoptères, se caractérisant par des ailes réticulées, et auquel appartiennent aussi les Mantes. Son corps de couleur brun-rouge est de forme aplati et ovale. Comme chez tous les insectes, il est divisé en trois parties : la tête, le thorax et l'abdomen. A cela s'ajoute la présence de trois paires de pattes articulées. Le dimorphisme sexuel est peu marqué chez cette espèce, mais parfois on peut lire que les élytres du mâle dépasseraient de 4 à 8 mm la longueur de l'abdomen, tandis que celles de la femelle auraient la même longueur. L'individu dont j'ai tiré le portrait pourrait donc être une dame, mais c'est à confirmer. La femelle pond plusieurs dizaines d'œufs contenus dans un sac appelé oothèque. La croissance se fait par mues successives jusqu'à ce que  l'adulte atteigne sa taille définitive, au bout d'une douzaine de mues, la dernière étant appelée mue imaginale. Les larves ressemblent à l'adulte, mais ne possèdent des ébauches d'ailes qu'après plusieurs mues, généralement après la quatrième. 

Blatte américaine : larve
J'ai trouvé cette larve, quelques jours plus tard après l'adulte, dans la cage d'escalier de mon immeuble.  Le corps  mesure 1,5 centimètres, sans les antennes. On remarque qu'elle a une forme plus arrondie par rapport à l'adulte, c'est donc comme chez les bébés mammifères qui nous font tant craquer ! Alors, personne pour avoir envie de cajoler ce petit bébé comme un chaton ?!... Les ailes ne se sont, ici, pas encore développées.


La tête 

Blatte américaine : tête

Elle se distingue par la présence d'une paire d'antennes très fines et très longues qui mesurent environ trois centimètres sur cet individu, soit les trois cinquièmes de la longueur totale du corps. Parfait pour venir vous chatouiller les narines où la plante des pieds quand vous dormez ! Les pièces buccales sont de type broyeur et adaptées à un régime détritivore (composé de détritus organiques) et omnivore (aliments d'origine variées).
Les yeux, de grande taille sont composés. On remarque aussi la présence d'une paire de pédipalpes.

Le thorax

Il est recouvert par une sorte de bouclier caractéristique appelé pronotum et qui déborde sur la tête.Je trouve que sur les photos il a un peu la forme d'un cœur, c'est pas mignon ça ? 
C'est au niveau du thorax que sont attachées les pattes, une paire sur chacun des trois segments qui le constitue (prothorax, mésothorax, métathorax). Bien qu'elle fréquente assidument les salles de bain, elle n'est visiblement pas une adepte des crèmes et autres cires dépilatoires. Les poils qu'elle a aux pattes sont rigides et lui servent à s'agripper à un support. J'en ai d'ailleurs fait l'expérience, car même sur la feuille de papier sur laquelle je l'avait posée pour la photographier, elle avait prise, et pourtant elle n'était vraiment pas en forme puisque je l'ai trouvée quasiment morte, ce qui explique que j'ai pu la photographier sous toutes les coutures.
Eh bien maintenant, messieurs, vous pourrez dire à vos compagnes mal épilées qu'elles ont des jambes aussi poilues que des pattes de blatte, je suis sûre qu'elles apprécieront le compliment !... 

L'abdomen

Les deux ailes supérieures rigides qui le recouvrent, appelées élytres, montrent une nervation marquée que l'on voit bien ici et qui les fait ressembler à deux délicates feuilles d'automne. Bien que les deux paires d'ailes soit présentes, la blatte ne vole pas, elles lui servent juste d'amortisseur en cas de chute. En gros, elles ont la même inutilité que celles des poules chez les oiseaux !

Elle n'aime pas les courants d'air

A l'extrémité de l'abdomen, elle possède deux petits appendices, les cerques ; les nombreux soies qui les recouvrent détectent les mouvements l'air et déclenche la fuite.
Ce qui signifie qu'elle est capable de vous faire courir un marathon, sans que vous réussissiez à l'attraper, la chipie !
Sa fuite est d'autant plus efficace, qu'elle possède un corps aplati et des pattes adaptées à la course, longues avec une coxa (hanche) large.

Blatte américaine : cerques


Les blattes américaines que je trouve dans ma salle de bain viennent par une trappe située sur le côté de ma baignoire, à travers laquelle on aperçoit les canalisations de l'immeuble et que je laisse ouverte pour éviter les problèmes de condensation. Leur présence à cet endroit s'explique par le fait qu'elle aiment les endroits sombres, chaud et humides et que probablement elle se nourrissent des matières organiques rejetées dans les canalisations. Pépite, un de mes trois chats, la croqueuse d'araignées (voir post précédent), adore se faufiler à cet endroit pour les traquer, malgré toutes mes tentatives pour l'en empêcher. Une fois sa proie attrapée, elle la transporte encore vivante dans sa bouche, l'apporte à l'extérieur, et joue avec elle jusqu'à ce que mort s'en suive. Mais, jamais elle ne les mange, par contre. J'en conclue donc, qu'en cas de disette, on peut sans problème se nourrir d'araignées et de mouches, mets de prédilection de Pépite, mais pas de cafards. Elle les tue uniquement par plaisir, après les avoir torturés pendant des heures, une véritable psychopathe à quatre pattes ! Vous remarquerez d'ailleurs, que la blatte que j'ai prise en photo porte sur son dos ce qui ressemble fort à un poil de chat !

Le tueur de cafard

Il y a plusieurs mois, j'ai reçu la visite d'un tueur de cafard professionnel, muni de son arme redoutable, un grosse seringue qui contenais une pâte marron qui ressemblait et sentait à s'y méprendre à du... Nutella. Le voyant en train de s'agiter dans mon appartement à disperser des sprotchs de crème un peu partout, j'ai cru bon de lui expliquer précisément d'où sortaient les bébêtes, d'autant plus que je ne voulais pas que mes chats touchent au produit, mais il n'a rien voulu entendre. J'ai eu le droit comme réponse à : "Madame, je connais mon métier, ça fait trente ans que je l'exerce. Et d'ailleurs, vous ête sûre que ce dont vous me parler, c'est bien des cafards et non pas des fourmis où des araignées, hein ?". Aucun doute, ce personnage à la Tardi digne représentant de la société Blitz, me prenait pour une triple buse !!! Résultat j'ai eu le droit à des crottes de Nutella dispersées n'importe où et qui n'ont jamais été touchées par les bêtes concernées ! Et à peine quelques mois plus tard, je retouve des cafards dans ma salle de bain et dans la cage d'escalier de l'immeuble !!!


Les blattes futures sauveuses de l'humanité ?

Des chercheurs anglais de l'université de Nottingham viennent d'identifier neuf molécules produites dans le cerveau des blattes qui sont de puissants bactéricides. Cela n'est pas étonnant, puisque qu'elles fréquentent des endroits particulièrement insalubres, où pullulent toutes sortes de bactéries pathogènes. A l'avenir, ces substances pourraient être une alternative aux antibiotiques utilisés à l'heure actuelle, en particulier contre le staphylocoque doré à l'origine d'infections nosocomiales et Escherichia Coli susceptible d'entraîner des intoxications alimentaires, et contre lesquelles elles sont efficaces à 90 %. D'autant plus que les chercheurs craignent à l'avenir, l'émergence de nouvelles bactéries  NDM-1 super résistantes !...
Eh bien oui, le messie sauveur de l'humanité est peut-être... une blatte !...

Louis le Cockroachman

Comme il a été dit précédemment, la blatte peut survivre plusieurs semaines à une décapitation. Sachant qu'elle vit en moyenne 440 jours, soit près de 15 mois, cela représente environ un quinzième de son espérance de vie, incroyable non ! En conséquence, Si Louis XVI avait eu des gênes de cafard à la place de ses gènes de Bourbon, le cours de l'histoire aurait été bouleversé, puisqu'il aurait survécu à la bascule à charlot, plusieurs années, voire même cinq ans avec une espérance de vie de 75 ans ! Il aurait alors ressemblé probablement à ça... Quant à Axel de Fersen, il n'aurait plus eu qu'à aller se rhabiller, aucune chance de rivaliser avec un tel super héros pour conquérir le cœur de Marie-Antoinette ! 
Après Spiderman, Superman, Batman... Voici Louis le "Cockroachman'

Louis le Cockroachman par Joseph Siffrein Duplessis et Colochat

Par contre moi, c'est monsieur le tueur de cafards que je lui aurait bien présenter à la veuve. Après, j'aurai donné sa tête à bouffer aux cafards, fin royale pour un professionnel du genre, non ???

lundi 22 avril 2013

Les zozios du Luco : les pigeons

Aaah ! se promener nez au vent dans le Jardin du Luxembourg, c'est un plaisir goûté par beaucoup de parisiens, une fois les beaux jours revenus. C'est Marie de Médicis, reine de France et mère du futur Louis XIII qui fut à l'origine de sa création, il y a plus de quatre-cents ans.

Jardin et Palais du Luxembourg, Paris.

Évidemment il faut respecter les horaires d'ouvertures, car si vous avez le malheur de vous attarder un peu trop en soirée, par exemple devant l'imposante fontaine Médicis, à rêver à la jeune fille de Gérard de Nerval ou aux amours débutantes de Marius et Causette, de stridents coups de sifflets se chargeront de vous faire quitter votre orbitale poétique pour vous faire courir, ventre à terre, vers la sortie la plus proche, si vous voulez éviter l'explosion tympanique ! 

Fontaine Médicis sous la neige, Jardin du Luxembourg, Paris.

Pourtant, il existe bien des résidents permanents au Jardin du Luxembourg. Non, ce privilège n'est pas accordé au président du sénat, qui doit se contenter, lui, du Petit Luxembourg, hôtel particulier attenant au palais du Luxembourg et de son jardin privé, pauvre indigent !
Mais alors qui sont ces ultra privilégiés, dignes du rang de Marie de Médicis ??? Pour les rencontrer, il suffit de lever la tête, où de regarder par terre, il s'agit des... oiseaux qui y nichent, et en particulier des nombreux pigeons que l'on y rencontre. Je vais donc consacrer ce message entièrement au pigeons du Jardin du Luxembourg, le suivant concernera les autres oiseaux que j'y ai rencontrés. Les photos ont été prises du 17 au 21 avril 2013 grâce à mon Compact Lumix couleur chocolat.

Les Conservateurs

Le pigeon ramier (Columba palumbus)

Parmi les conservateurs, je classe les pigeons ramier, qui sont tous absolument identiques, le respect des traditions avant toute chose ! Impossible de les distinguer des uns des autres ; sans exception, ils présentent les caractères physiques typiques de l'espèce : le plumage gris-bleuté avec deux taches blanches de part et d'autre du cou, les ailes bordées de blanc, le poitrail rosé, le bec jaune et l’œil gris clair. Ils se promènent allant leur train de sénateur, la tête haute, le torse bombé, et la bedaine bien ballonnée. Les prendre en photo devient assez vite ennuyeux, pourtant ils savent prendre la pause avec leur port de tête aristocratique, mais quand on en a photographié un, on les a tous photographiés...


Pigeon ramier sur un perchoir de luxe

Pigeon ramier au centre entouré de deux pigeons biset

C'est qui le plus beau ? Moi, moi, moi le pigeon ramier !

Ceux que j'ai pu observer présentaient pour beaucoup un embonpoint certain. Ils vont devoir apprendre à calculer leur IMC, malgré leur cervelle d'oiseau, et à arrêter de se gaver tels des oies, de pain à longueur de journée ! Sinon une seule solution, l'anneau jabotique !

Gavage de ramier, gloups !

Le pigeon biset bleu barré (Columba livia)


Les autres traditionalistes se rencontrent chez les pigeons biset dans un tiers des cas, il s'agit du morphotype sauvage caractérisé par un plumage gris-bleuté plus clair sur le dos agrémenté de deux lignes noires sur les ailes et d'irisations vertes et violettes sur le cou ; son œil est orange vif. Cette couleur est appelée le bleu barré comme chez le beau Barnabé. 

Barnabé le biset bleu barré


Biset bleu barré ébouriffé

Quatre biset typiques

Les réformateurs 

Chez le pigeon biset il existe, en dehors du type sauvage pré-décrit, une incroyable variété de couleurs et de motifs obtenus par mutation du type biset bleu barré. Deux pigments sont à l'origine de ces variations :  l'eumélanine un pigment noir et la phéomélanine un pigment rouge. A cela s'ajoute l'absence de piment à l'origine de la couleur blanche. Parfois seule une partie du plumage est agrémenté d'un peu de fantaisie : une crête blanche sur la tête, des ailes aux extrémités également dépigmentées, des écailles grises et noires à la place les bandes noires. Certaines fois, comme sur les photos du bas, le gris clair et les bandes noires des ailes sont conservés, alors que le reste du corps est devenu quasiment blanc. Quatre exemples de ce types sont présentés ici. 

Le premier, il doit s'agir d'un mâle, vu que je l'ai surpris en train de gonfler le jabot et d'ébouriffer sa banane peroxydée de rocker tout en susurrant des mots d'"amur" à l'oreille d'une de ses groupies !


 Johnny et sa banane peroxydée


Un petit mot d'"amur" !

J'ai aussi rencontré cette jolie demoiselle, très élégante dans sa tenue gris perle et blanche, le vrai chic parisien quoi !
 
Coco et le chic parisien

Enfin, il y a Paloma la débrouillarde, qui à partir de deux tenues vintage un peu "has been" vous en confectionne une nouvelle très tendance : on garde la redingote du biset typique que l'on met par dessus la robe blanche d'une colombe, et le tour est joué ! Pas mal, le résultat, non !???

Paloma l'adepte du vintage

Les extrémistes

Parmi ceux-ci, je classe les individus s'éloignant fortement tu type sauvage biset bleu barré. C'est là que l'on rencontre "les Inc'oyables et les Me'veilleux" !
 

Les blancs :

Cette jolie Scarlett, ne possède plus de pigment que sur une petite partie de ses ailes, mais elle conserve néanmoins des traces des deux barres noires du type Biset d'origine. 

Scarlett la star

Les rouges :

C'est la phéomélanine qui permet l'apparition de superbes plumages roux.

Certains, comme Fanny la dandy, conservent la répartition des couleurs du biset sauvage, le bleu gris du dos devient crème, les barres noires des ailes auburn. Le cou garde son irisation.

Catherine la dandy

D'autres comme le superbe Baron Rouge qui gonfle ici fièrement son jabot, montre une belle couleur auburn répartie sur la plus grande partie du dos et du poitrail. 

Le Baron Rouge

Enfin, la ravissante Colette la coquette, présente une teinte "latte" sur pratiquement tout le corps, mais en conservant de jolies irisations violacées au niveau du jabot. C'est une vraie beauté qui prend merveilleusement la lumière ! Je lui ai couru après pendant un bon moment pour parvenir à réaliser des photos dignes d'elles !


 Colette la coquette couleur café crème !

Les noirs :

Le pigment noir, l'eumélanine, permet l'apparition d'un plumage entièrement noir comme chez la mystérieuse Lénore la Goth, avec toujours la conservation des irisations. Très classe !

Lénore la Goth
L'iridescence que l'on observe au niveau du cou est maintenue dans tous les cas de figure, indépendamment de la couleur du plumage, à l'exception des individus comme Scarlett qui présentent, à cet endroit, une dépigmentation complète. C'est la structure physique de la plume qui, à la manière d'un prisme, décompose la lumière en jolies teintes violacées et vertes.  


Scarlett et Retth le plus beau couple du Luco

Nous retrouvons ici la belle Scarlett avec le beau Retth. Je les avais tout d'abord remarqués le 17 avril, ils étaient inséparables et grattaient ensemble la terre à la recherche de graines, ou de petits cailloux. 

Scarlett et Retth

Trois jour plus tard, le 21, j'ai retrouvé les deux amoureux en train de se bécoter avec une infinie tendresse. Sur la photo en haut à gauche du photomontage, on a le droit à un vrai baiser de cinéma digne de celui de Vivien Leigh et Clarck Gabble dans "Gone with the wind", d'où les surnoms que je leur ai attribués ! Un bien joli spectacle auquel j'ai eu le privilège d'assister et que j'ai tenté d'immortaliser.

Les bécotages de Scarlett et Retth

I love you Scarlett !

Remake de Jules et Jim

Mais il existe aussi, apparemment, chez les pigeons des ménages à trois comme dans le film "Jules et Jim" de Truffaut. Pourquoi choisir, en effet, quand on peut avoir deux beaux amants au lieu d'un seul !

Catherine la rousse accompagnée de ses deux amants Jules le biset barré et Jim le biset écaillé

Jules, Jim et Catherine dans le tourbillon de la vie !

Les héritiers de Marie de Médicis

Il fallait finir par un hommage à Marie de Médicis sans laquelle, les pigeons du Jardin du Luxembourg n'existeraient pas. Comme Catherine de Médicis, sa lointaine tante, ne sortait jamais sans être accompagnée de ses plus belles dames de compagnie pour la mettre en valeur, j'ai imaginé que Marie de Médicis faisait de même avec ses plus beaux pigeons. J'ai même osé une petite mise en scène à partir du portrait peint par Rubens et des plus belles demoiselles pigeons que j'ai pu photographier : Coco, Colette, Lénore et Catherine...


Marie de Médicis par Rubens et Colochat